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Une ambiance de Nouvelle-Orléans, de bayou, de terre toujours humide, de pluie qui martèle les toits de tôle. C'est les grosses voitures américaines des années 50, celles d'avant l'invention des pointes bic, quand les plumes grattaient encore le papier et noircissaient le bord des doigts. Dans une pièce mal éclairée, un ventilateur rouillé tourne au ralenti sans même créer un courant d'air. La poisse colle la peau, les cheveux humides se hérissent sur la nuque lorsqu'il est question de magie noire. Angel Heart est un film à voir, de préférence dans une vieille salle aux bancs qui gémissent quand on bouge. |

Photo: Chaudfroid |
Milieu de soirée, en été, sortir d'un petit bar enfumé, sous la pluie. Faire signe a un taxi, une énorme voiture américaine s'arrache de l'autre coté de la rue, les pneus font sur l'asphalte mouillé un son doux, presque hypnotique. L'intérieur de la voiture est sombre, on enfonce dans les sièges moelleux, le chauffeur, noir, habillé comme pour un gala sent légèrement le parfum, une odeur suave. Il ne dit mot lorsqu'on lui donne l'adresse. La voiture se met en mouvement, avance doucement puis accélère, mais nous ne sentons aucune vibration. Les essuie glaces grincent doucement en balayant la pluie de la vitre avant. Dans la radio à l'ancienne mode, une partie de base-ball. |
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Les doigts puissants de l'ouvrier saisissent le bouton au centre du radio. Suite de grincements en survolant les postes diffusant de la musique puis ralentissement de l'aiguille, le son se précise, on distingue une voix mêlée aux cris d'une foule, des parasites la recouvrent par moment. Le son caractéristique d'une bière qui s'ouvre, une odeur une peu acidulée se répand dans la pièce, craquement d'une allumette, la fumée tourbillonne dans l'air projeté mollement par le ventilateur, les Dodgers viennent de créer l'égalité, nous en sommes à la deuxième manche… la soirée sera longue! |
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La cordonnerie, l'odeur du cuir que l'on mouille pour le travailler, que l'on moule sur des formes de bois, que l'on teint, que l'on vernit, que l'on polit. Les planchers de bois sales craquent sous les pas des ouvriers, ils sont eux-même couverts de vernis et de laque. La chaleur est à la limite du supportable, la sueur ruisselle sous les chemises jaunies, l'endroit est mal famé : on y fait des chaussures pour la haute ! |
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