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La première secousse lorsque le train s'ébranle, le petit cliquetis des wagons qui entrent un par un dans le mouvement. Quand cette mécanique a attent sa pleine vitesse, la monotonie s'installe. Dans le compartiment surchauffé, des espoirs vains nous laissent croire que la climatisation allègera la température, qu'il fait plus frais dehors. On croise les villages sans s'arrêter, on croit apercevoir de la lumière au loin, tous les fantasmes sont permis dans un train sans destination. Jusqu'au débarquement, où sur les planches en bois détrempées par la pluie du quai de la gare l'on croise James et Marilyn s'embrassant au son de la trompette de Miles. |
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Un wagon à la retraite du métro de New York. Couvert de rouille accumulée par les années à parcourir les corridors humides. Des kilomètres de sous-terrains que ne peuplent que l'odeur du goudron, les tuyaux hirsutes sortant des murs, et les ampoules grillées ou affaiblies par le temps. Des catacombes de rats, apeurés par le sifflement de l'air lors du passage de la rame. Après des années à soustraire les passagers à la morbidité du sous-sol, son dernier avenir est d'être taillé en pièces, disloqué, anéanti. |
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Une toile de rails coure autour de la mine, plus parfaite que le travail d'une araignée. Sur ces rails rouillés par les années, par les émanations toxiques qui sortent chaque jour du trou d'exploitation passent en grinçant les wagonnets de transport. Leur peinture est encore belle, mais demain, tantôt, le retour dans les galeries enfumées de la mine la fera ternir. Le choc des pierres sur leur carapace, les frottements grinçants de l'acier sur l'acier leur redonneront l'aspect du mineur. Un aspect de force brute mais en même temps, un aspect de fatigue, un aspect de carcasse morte. |
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